20.1.14

Cueillir la fleur des vagabonds

1943, Django est passé là, y a joué. Des images tremblotantes retrouvées récemment, visibles ici, le montrent sortant du Hot Club. Un manouche dans la Belgique occupée. Comment traversait-on la frontière franco-belge en 1943 ? Comme de nombreux sinté, Django aurait pu être arrêté et déporté. Y a-t-il encore des témoins de ce concert encore vivants, des témoins marquant le rythme de leur vie d'un pied tremblotant ?
2013, le Hot Club de Gand existe encore. Et pas seulement comme le reflet tremblotant d'une enseigne dans une flaque d'eau. Son appellation-même est une curiosité, même si la référence au Hot Club de France est claire. Et dire que l'on dit les Flamands sourcilleux sur l'emploi de leur langue en Flandres ! « De Gand », contre toute attente.
1943 ou 2013, le Hot Club est au fond d'une impasse. Est-ce qu'à la fin du concert on peut s'y attarder ? Y faire des rencontres ? Il n'a pas la réponse. C'est peut-être mieux, il peut se raconter des histoires lorsqu'il somnole dans le train qui l'emmène encore ailleurs, les échos d'un disque de Django crachés par les écouteurs dans ses oreilles. Tandis qu'il feuillette un recueil de poèmes de Stanislas Rodansky, il trébuche sur ceci :
« La flaque des vitres brûle dans la rare prairie des pavés
Je cueille au hasard la fleur des vagabonds »
Il veut croire que c'est tout à fait ça, qu'il est ce vagabond.
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